Adèle Maury, éd. Sarbacane, 187 pages, dès 14 ans.

Voici les trois phases de la vie de Béril et son chemin de bataille: son enfance dans une campagne isolée, avec son père berger. Une enfance solitaire mais joyeuse et insouciante, pleine de jeux sur les collines et dans les prés, pleine de complicité avec les animaux qui l’entourent, comme Mireille et Suzanne les chèvres, Coltaire le lièvre ou Anour la coccinelle. Ah oui, j’ai oublié de vous dire, Béril parle avec les animaux. Dans ses yeux, ils ont un corps humain, philosophent, s’interrogent sur leur biorythme, font des blagues, se déguisent et découvrent ensemble les cycles de la vie.


Puis, vient l’adolescence, les interrogations quant à l’avenir, les confrontations avec le père qui prennent le pas sur la tendresse, les portes qui claquent, la chèvre Mireille qui vieillit, Coltaire qui en secret fonde famille et puis, le drame qui tout obscurcit et fait perdre à Béril sa formidable aptitude.
L’âge adulte s’ouvre alors sur une solitude presqu’absolue et un repli sur soi. Le fromage n’est plus fabriqué et la maison désertée, ne reste que la nostalgie de l’intimité qu’il n’est plus capable d’avoir avec ses amis animaux. Béril devra trouver sa voie propre et faire des choix.


Ce roman graphique est un énorme coup de cœur à Frédérique et moi. Tout en sensibilité, délicatesse, justesse, sourires, profondeur et onirisme. Une pépite.
